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Article de Presse
Finistère 
Plouyé. Renaissance de la roulotte traditionnelle
Envie de vacances exotiques? Jean-Paul Layen,
ébéniste à Plouyé, et l'association Niglofab Bretagne, qu'il a créée,
construisent des roulottes traditionnelles conformes à la
réglementation routière.
C'est la rencontre
avec un Gitan et un ancien charron qui réparait les verdines, ces
roulottes traditionnelles des gens du voyage, qui a donné l'idée à
Jean-Paul Layen, ébéniste de formation, de créer une association pour
relancer la fabrication de ces véhicules tombés en désuétude. Ainsi est
née l'association Niglofab Bretagne. Basée à Plouyé, Niglofab Bretagne
construit des roulottes à l'aide de techniques traditionnelles, mais
avec des matériaux modernes, tout en accueillant ceux qui ont envie
d'apprendre et d'aider à la réalisation. Pour Jean-Paul Layen, il ne
s'agit pas de copier à l'identique, mais de concevoir des verdines
hippomobiles ou remorquables par véhicule, de styles tonneau, conformes
à la réglementation routière. Si les gens du voyage ont accueilli très
favorablement le projet, plutôt fiers que l'on magnifie leur
patrimoine, Jean-Paul Layen s'est aperçu que ces petits véhicules
légers intéressent également les personnes sédentaires, la grosse
majorité de ses clients.
Chaque pièce est unique
Ces petites verdines légères et solides, très esthétiques de surcroît,
peuvent servir de cabanon de jardin sur roues, d'habitat mobile
saisonnier, de bureau d'accueil de camping, et leur look rétro est bien
mieux accueilli que les traditionnelles caravanes blanches par les
municipalités sourcilleuses. L'association Niglofab Bretagne étudie,
avec les personnes intéressées, les différentes possibilités en
fonction des besoins. Chaque pièce est unique. Il faut entre quatre
mois pour une petite roulotte et six mois pour une plus grande à deux
essieux, obligatoires en cas de traction animale, pour construire
entièrement une verdine. Actuellement, Niglofab Bretagne cherche des
personnes intéressées par sa démarche pour la rejoindre, ainsi que des
personnes ayant des connaissances en ferronnerie et soudure. Outre la
construction de roulottes, l'association propose également la
restauration d'authentiques roulottes gitanes. Contact Niglofab Bretagne est basée à Kerroc'h, en Plouyé. Tél.06.85.66.47.34. Site internet: www.layen.com
  Pour
Jean-Paul Layen, il ne s'agit pas de copier à l'identique, mais de
concevoir des verdines hippomobiles ou remorquables par véhicule, de
styles tonneau, manouche ou méditerranéen, conformes à la
réglementation routière. Photo Lucine Jégat
Jean-Paul Layen fabrique du rêve roulottier
 Jean-Paul
Layen a contracté le virus des roulottes gitanes auprès de son ami
Pierre Durville (au pied de sa roulotte, sur la photo au mur), et
fabrique ses modèles uniques avec son association Niglofab.
Jean-Paul Layen s'est installé à Plouyé, où il fabrique à la demande des roulottes gitanes.
Il a bourlingué durant 15 années en Guyane et au Brésil, avant de poser
son sac en Touraine, puis en Bretagne, où il fabrique désormais des
roulottes gitanes sous la raison sociale, Niglofab. « Le niglo, c'est le nom donné au hérisson en romanès, la langue des Tsiganes, confie avec un sourire Jean-Paul Layen. Et par extension, c'est aussi le nom de tous ceux qui sont sur la route. »
Et la route, cet ébéniste de formation l'aime et la connaît comme nul autre.
« J'ai gravité un peu partout : en Guyane, où j'ai appris un créole
mélangé de mots anglais, néerlandais, portugais et africains et aussi
au Brésil, où j'ai bossé sur des crevettiers », raconte-t-il au souvenir de compagnons de travail, « qui ne savaient ni lire, ni écrire, mais qui m'ont beaucoup appris. »
« Il m'a foutu ça dans la tête »
Né
d'un père Irlandais et d'une mère Manouche d'origine catalane,
Jean-Paul Layen a retrouvé ses marques en Europe, grâce à ses amis
gitans. « Quand tu reviens au milieu des sédentaires, t'es un peu largué, avoue-t-il en évoquant son retour. Alors que chez les gitans, t'es accueilli. Ils ont une mentalité ouverte proche de celle des Indiens d'Amérique, ou des Celtes »,
affirme aussi le menuisier-ébéniste de 53 ans, en confiant avoir
contracté sa passion pour les roulottes traditionnelles de l'un d'eux. « De Pierre Durville. Toubit, de son surnom gitan. Il m'a foutu ça dans la tête et j'en ai mis une en construction », sourit-il. « Achevée en 9 mois, elle s'est vendue aussitôt. »
Six mois de travail
Depuis, Jean-Paul Layen fabrique ses roulottes de style tonneau irlandais ou verdines à chevaux, à raison de une à deux par an. « Quand elle est tôlée, tu n'es pas à la moitié du boulot, assure-t-il. Il
faut prendre son temps pour bien travailler et compter six mois pour
terminer une verdine à chevaux. Je fais des roulottes qui roulent ! », insiste cet amoureux du travail bien fait, au quotidien parfois un peu spartiate.
Niglofab, contact : 06 85 66 47 34 et www.layen.com
Ouest-France

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